09.02.2010

Jardins

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Harlan Coben

Harlan Coben est un petit futé. Puisque les thrillers féminins ont le vent en poupe, il s'est dit, pourquoi pas moi ? Certes, c'est un homme. Qu'à cela ne tienne, il adopte le même schéma que ses consœurs : un bon gars, bien tranquille, qui se trouve soudainement embarqué dans une sombre machination. Au niveau de l'intrigue, c'est carrément tiré par les cheveux mais on ne peut pas légitimement lui en tenir rigueur. La majorité des auteurs bricolent aujourd'hui des astuces insensées pour épaissir coûte que coûte la trame de leur récit.

Non, ce qui rend tout de suite Harlan Coben sympathique, c'est son style. Vif, émotif et direct, il accroche immédiatement le lecteur avec, ici et là, quelques perles d'une étonnante sincérité. Très inspiré par le thème de la disparition, Harlan Coben sait aussi, au prix de quelques rebondissements pas toujours crédibles, tenir son public en haleine.

Après avoir conquis la gent féminine, Harlan Coben louche du côté des "mâles" avec Myron Bolitar, ex-basketteur professionnel reconverti en agent sportif. Il lui a consacré pour l'instant trois opus, au style nettement plus cru que ses autres romans. Dans le genre musclé, les fans de Robert Crais pourraient d'ailleurs se demander si Harlan Coben ne possède pas l'intégrale des aventures de Elvis Cole. Même fausse décontraction et humour tape-à-l'oeil, même sensibilité... jusqu'à son meilleur ami, et associé, Win, végétarien adepte des arts martiaux, dont le passe-temps favori est de tabasser les ennemis de Myron. Ça ne vous rappelle rien ? Alors, monsieur Coben, on copie sur les petits camarades ?

Harlan Coben vit dans le New Jersey, avec sa femme et leurs quatre enfants. Diplômé en sciences politiques, il a longtemps travaillé dans l'industrie du voyage, avant de se tourner définitivement vers l'écriture.

Fred Vargas

Contrairement à certaines de ses compatriotes qui surfent sur la vague "polar made in USA", Fred Vargas écrit "français".

Personnages fétiches de Fred Vargas, le commissaire Adamsberg, un peu sur le retour, et trois jeunes allumés inoffensifs, Marc, Lucien et Mathias. Ils sont tous les trois étudiants en Histoire, attention, pas la même période, ils se chamaillent sans arrêt là-dessus.

Ici, pas de sang qui gicle sur les murs ni de course-poursuite avec gros flingue. Les personnages lunaires sont entraînés malgré eux dans des enquêtes qu'ils résoudront par leur intelligence et leur sens de la déduction. Fred Vargas leur donne vie avec un sens aigu de la nature humaine et son écriture, radicalement poétique, donne à ses romans une incontestable fraîcheur